Mange la vie

On veut te parler de Kim Wall.

On ne la connaissait pas personnellement, mais on sait qu’on l’aurait adorée. Kim Wall avait 30 ans et vivait comme freelance des reportages qu’elle vendait aux journaux du monde entier ; alors forcément, on s’identifie pas mal, aux Journalopes.

Elle a été assassinée cet été au Danemark, alors qu’elle était en train de travailler. Principal suspect : l’homme qu’elle venait d’interviewer et dont elle voulait faire le portrait – un constructeur danois de sous-marin artisanal.

De nombreux médias ont relaté ce crime comme si c’était une fiction, comme s’il s’agissait d’un polar scandinave divertissant. Plutôt que les sordides détails des articles qui racontent avec une espèce de gourmandise où, comment et quels morceaux du corps de la jeune femme ont été retrouvés, on te propose de lire les articles de Kim.

Kim faisait des reportages sur le biohacking, sur les chinois en Afrique de l’Est, sur comment le vaudou tentait de survivre en Haïti, sur les vampires de la vraie vie, comment les gens se cultivent à Cuba sans internet, sur cette prof de fitness ronde,  ou encore sur les braconniers-chasseurs de tigres en Inde. Sans oublier ce portrait de ce couple de vieillards étranges qui avaient passé leur vie à lancer des fusées dans le désert libyen. Bref, que des pures idées, toujours écrites avec drôlerie, humanité, joie, curiosité. Un modèle pour nous. On sait qu’elle va manquer à énormément de monde. Comme nous, tu peux faire un don à la fondation Kim Wall, qui remettra chaque année une bourse à une jeune reporter pour écrire sur les cultures alternatives.

Ses proches racontent qu’elle voulait qu’il y ait plus de femmes qui “parcourent le monde et se frottent à la vie.” On compte bien lui faire honneur.


La vie est trop courte pour faire le ménage ; comme le dit le proverbe américain, “A clean house is the sign of a wasted life”.

Pourtant, chaque semaine, on y passe chacune statistiquement près d’une demi-journée en plus que nos acolytes masculins. Pourquoi les hommes se désintéressent-ils de leur intérieur, ne semblent pas voir la saleté ni faire attention à ce qui les entoure ?

Cette chaussette qui traîne, et qu’aucun mâle de la maison ne semble avoir remarquée… on sait bien qui finira par la ramasser. Ca marche aussi avec le petit coup d’éponge dans le lavabo, le tiroir de couverts à ranger, les serviettes de bain à laver. Car les gestes ont une histoire et un genre. C’est ce que décortique dans notre dernier podcast LCSLT (Les Couilles Sur La Table), notre invitée, Titiou Lecoq, autrice de cet excellent essai que nous te recommandons chaudement.

Donc pose ce balai, chère amie.

Et si le coeur t’en dit, #balancetonporc. D’ailleurs y’en a un ou deux qu’on brûle de voir tomber, tout ficelé. Bientôt. Parce que les chefs qui nous invitaient à boire des verres le soir (“mais sans que ma femme le sache, elle est jalouse”), les pseudos-déjeuner d’embauche, les regards visqueux dans les couloirs, les blagues sexistes dans l’open-space… nous sont longtemps restés sur l’estomac.

Totalement comestibles en revanche : nos plats aphrodisiaques ! On aime séduire, on aime faire l’amour, on aime manger, il était donc logique qu’on te livre un jour nos trucs ultimes, nos 20 recettes pour conclure.

Un livre de cuisine bien plus rigolo et utile que le Ginette Mathiot, dans lequel tu apprendras à mitonner nos bientôt célèbres ratatouille attrape-touristes, truffes du déni et autres hachis-parmentier du vice. On t’en file une rapide : les fuck-me penne – de l’ail et des oignons fondus dans la vodka, avec sauce tomate et basilic.

Enjoy your meal.

S’il te manque un ingrédient, on a une bonne adresse : notre épicerie préférée à Pigalle. Prends donc un thé et viens regarder passer les filles à franges, les mecs moustachus et observer le bal des habitués. Une nuit qui ressemble à un ultra-long métrage, peuplé de créatures bizarres, une nuit grâce à laquelle, joie et autocongratulations, on a gagné le 3e prix du concours Libération-Apaj. C’était il y a quelques temps déjà, mais ce papier sera bien publié dans un livre aux éditions Riveneuve, avec plein d’autres portraits, qui donnent envie de prendre le large et de continuer à vivre des aventures insolites, à l’autre bout du monde ou en bas de chez soi. Et à te les raconter.


Où croiser une Journalope ?

Ce soir, au Danceaoké ! C’est comme un karaoké, mais où on danse. Devant des clips projetés sur un écran on se défoule, personne ne se regarde, on bouge n’importe comment et c’est fou comme ça détend.

giphy.gif

Rendez-vous à 20h au bar La Lingerie, aux Grands Voisins. Encore une bonne idée de l’association En Avant Toutes (va voir leur chat, hyper bien fait)

Mais encore jeudi 26 au concert de Girl Ray : un tout jeune groupe rock de trois meufs malicieuses, dont on écoute l’album en boucle.

Et sinon toujours au Chili, en Turquie, à Berlin et en Roumanie… où on te mijote des reportages sauce bad-ass.

Des bisous nourrissants,

Les Journalopes

Share your thoughts