Comme un ouragan

Imaginez la scène. Vous prenez votre café de bon matin devant BFM TV, C-News ou CNN (si vous êtes anglophile). Sur votre écran, une journaliste a le visage défiguré par les vents soufflant à 125 km/h. Elle lutte pour ne pas tomber à terre, se protège comme elle peut de cette pluie battante et de cette tempête qui s’abat sur la Floride. Face à cette scène, en attendant que vos tartines finissent de griller, soit vous êtes agacé, soit vous vous marrez.

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Si c’est le cas, avouez qu’il a comme un goût amer, ce rire niais et coupable alors que vos yeux sont encore à moitié collés. Devant vous, cette journaliste, en l’occurrence Sara Sidner, journaliste à CNN, prend le risque d’affronter un cyclone pour vous faire vivre en direct les conséquences d’un ouragan qui balaie tout sur son passage. Avec pour message : regardez le danger, ne prenez pas de risque inutile. C’est en tout cas celui que les chaînes d’info en continu voudraient transmettre, à en croire cet article du New York Times.

S’il s’agit de convaincre les téléspectateurs de quitter la zone et de ne pas sortir durant une tempête climatique (et de ne pas non plus lui tirer dessus, mais c’est un autre sujet), il y a tout de même comme un paradoxe à ce qu’un-e journaliste mette sa vie en péril pour montrer à son téléspectateur ce qu’il ne faut surtout pas faire. D’autant plus quand l’un des reporters ayant couvert les tempêtes de ces dernières semaines confie au New York Times : “si je ne le fais pas, comme c’est imprégné dans nos esprits qu’un million de personnes voudraient avoir mon poste, quelqu’un d’autre le fera.”

Aux Journalopes, nous aussi, on a rarement le cul posé sur une chaise. Question de choix, de convictions, et aussi d’attrait fortement développé pour la bougeotte. On a par exemple donné la parole à ces Turques au premier rang de la contestation qui, main dans la main avec les hommes, luttent quotidiennement pour que leurs droits ne s’amenuisent pas dans cette Turquie de plus en plus conservatrice. Un reportage à lire dans Femmes d’ici et d’ailleurs. De Mossoul à Tikrit, on est aussi parties à la rencontre des épouses des membres du groupe État islamique, qui se retrouvent souvent seules, sans nouvelles de leurs maris, et dont on ne Gosait pas vraiment quoi faire en Irak. On te le raconte dans Les Inrocks.

On a aussi joué les apprentis chimistes dans les laboratoires de la douane à Paris pour découvrir les nouvelles drogues de synthèse. Si toi aussi tu veux en savoir plus sur ces stups, achète le dernier Néon.

Enfin, on a décidé de s’intéresser aux dudes, aux mecs, aux gars – bref, aux masculinités. Le tout premier podcast de « Les couilles sur la table », à retrouver tous les 15 jours sur Binge Audio, est à écouter ici. Avec l’anthropologue Mélanie Gourarier, on plonge dans la communauté des séducteurs (ceux qui veulent être des “alpha-mâles”, et pensent que les femmes sont des proies à noter de 1 à 10). Ecoute, ton regard sur les hommes qui nous entourent changera.

Dès ce soir à 19h30, tu peux nous retrouver à la fête des 3 ans du Quatre Heures. Ça se passe au Pavillon des canaux. Tu auras l’occasion de nous écouter revenir sur les reportages que nous avons réalisés pour ce site d’histoires grand-format.

Viens aussi fêter notre première année d’existence le 27 septembre prochain à l’Olympic Café. Il y aura du bon vin, des goodies, et même des cupcakes faits par nos soins.

Et si tu veux nous croiser ailleurs, si comme nous tu t’intéresses à l’indemnisation des pigistes, on sera le 26 septembre à la conférence organisée par le Centre National de Reclassement des Journalistes (au 7, rue de Paradis à Paris).

Juste histoire de savoir si on est couvertes pour le prochain ouragan.

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